Eine Neue Liebe [1]

Il était le 27 septembre 2005, il faisait un peu froid, mais la chose que plus me frappais était le brouillard (rare dans cette période) ; Cologne est toujours comme ça, sauf que pour cette brève période nommée « Sommer » [2]. Sans doute parce qu’il était sept heures du matin, mais le brouillard était tellement épais qui pénétrait jusqu’à l’intérieur du cervelet, troublant totalement toutes mes pensées.

Le vol partait à dix heures, mais l’habituelle anxiété qui précède chaque voyage, m’a réveillée à cinq heures. Je devais rejoindre mon fiancé que vivait à Lausanne, pour fêter nos dix ans ensemble. Après tous ce temps, les choses paraissaient plus affaiblies. Ce n’est pas qu’on n’éprouve plus d’amour, ou qu’on ne veut plus cette personne, ce corps, ces expressions (qu’on connaît presque par cœur) ; le fait est que tous paraît moins intense.

Comme ça, presque hypnotisée par mes réflexions, je restai assise, je ne sais pas pour combien de temps, sur le banc de la gare. Mes pensées voyageaient plus vite qu’un wagon, parmi les innombrables qui passaient par là, mais je les notais à peine, si n’était pas pour tous les gens qui descendaient, se mélangeaient, se fondaient. Mais, les sensations sur leurs visages étaient clairement percevables ; je les diviserais, essentiellement, dans enthousiastes, sobres et déprimés de la dernière heure. Généralement, ces personnes ne m’intéressaient pas, mais je me demandais, chaque fois je voyais une couple qui se retrouvait, depuis combien de temps, plus ou moins, ils étaient ensemble. Ces étreintes étaient vraiment sincères, comme se passait pendant les premiers ans de ma relation avec Raùl, ou ils étaient seulement le fruit des circonstances ?

Cet embrouillement de sensations causa la perte de mon vol, mais dix ans sont beaucoup et je voulais rester assise là, en me les faisant écouler devant, en cherchant de comprendre si ,vraiment, en valait la peine ou si était seulement une vieille habitude.

Le dernier train vers le centre était à deux heures de nuit et, entre l’halluciné, le bouleversé et sans une réponse concrète sur ma relations sentimentale, j’y montai pour rentrer à la maison.

Le jour successif, à neuf heures du matin, la sonnette sonnait impatiemment. Raùl était venu me chercher, préoccupé, plus enamouré que jamais, et voilà que mes doutes, mes incertitudes, se volatilisèrent et ces sentiments forts, totalisants, qui nous avaient accompagné pour tous ces ans, prisent le dessus.

A nos enfants, Cristina et Matias

 

Agata,

27 septembre 2015.


[1] Un nouvel amour

[2] Été